16 août 2017

S'entraîner à écrire pour forcer le déclic : on y va ?

On l'a vu dans mon post Devenir écrivain : peut-on s'entraîner, se lancer dans l'écriture n'est pas toujours facile. 
Mais rien n'est jamais perdu : pour forcer le déclic, débrider notre créativité, lancer l'engrenage... on peut toujours s'entraîner avec des jeux d'écriture qui assurent souvent le rôle de catalyseur !




...et puis l'engrenage, quand il est lancé... pfiouuu ;-)

L'idéal, je vous le disais, est de participer à un atelier d'écriture*.
Mais en attendant, quelques petits exercices peuvent jouer ce rôle et vous aider.

Suite à mon précédent article sur le sujet, de nombreuses personnes m'ont dit s'essayer à faire les jeux d'écriture que je proposais.
Je posterai donc de temps à autre UNE PROPOSITION D'ECRITURE que vous pourrez utiliser à votre guise.


Allez ! Il n'y a que le premier pas qui coûte ! Lancez-vous ! 😃





PROPOSITION D'ECRITURE

Ecrire avec un inducteur : Ecrire trois petits textes courts, en un temps limité. Le début de l'histoire vous est donné.
Chronométrez-vous : 7 minutes par texte. Pas plus, pas moins !

Inducteur 1 : On m'a dit que les hippopotames...
Inducteur 2 :
Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime, Tirés comme par un aimant Se retournent docilement Et que je regarde en moi-même ...
Inducteur 3 : Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux...



Bonne écriture à tous ! 😘
(et n'hésitez pas à me contacter pour me dire comment ça a marché !)




* Rappel :
Tel que je le conçois, un atelier d'écriture est un lieu collectif (même virtuel) consacré à l'écriture, qui suscite et sollicite la créativité des participants, en particulier au moyen de contraintes artistiques volontaires proposées par l'animateur. 
C'est un lieu ou les relations entre les participants, au travers de l'écriture, sont fortes, empreintes d'ouverture, de curiosité et de bienveillance. 


" Parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense." 
Charles Baudelaire

15 août 2017

Une force pour écrire son roman : maîtriser la syntaxe.

« Les danseuses étoiles regardent des films culte. » 


Et pourquoi, me direz-vous, as-tu mis un S au nom étoiles en apposition à danseuses et non pas à culte, en apposition à films ?

Au pluriel, dans des syntagmes comme danseuse étoile, film culte, produit phare ou mot clé, qui sont formés d’un nom mis en apposition à un autre nom, le mot apposé suit la règle suivante : il varie uniquement si on peut établir une relation d’équivalence entre celui-ci et le mot auquel il est apposé.

Ainsi, on écrira Les danseuses étoiles regardent des films culte, car si l’on considère que les danseuses sont des étoiles (elles ont les mêmes propriétés qu’elles, elles brillent de la même façon), il est évident que les films ne sont pas des cultes, mais qu’ils font l’objet d’un culte.

Un peu de bon sens, quoi... ;-)




8 août 2017

Gonzague Saint Bris

J'apprends à l'instant la mort de Gonzague Saint Bris...

Sans le connaître, je l'avais rencontré au dernier salon de Montaigu, et cela avait donné lieu à un beau quiproquo, puisque je l'avais pris pour un... maçon !  (si vous voulez relire mon périple, c'est par ici !).
Une fois le malentendu levé, j'avais discuté avec lui, courtois, attentionné, posant à l'auteure inconnue que je suis des questions vraiment gentilles.

Je suis très attristée de cette nouvelle, et garde de lui le souvenir de cette rencontre un chouïa burlesque qui m'avait bien fait rire sur le moment.



6 août 2017

Devenir écrivain : peut-on s'entraîner ?

Vous avez (toujours) envie de vous lancer dans l'écriture ?

L'envie, c'est le premier pas, bien sûr. Mais comment devient-on écrivain?
Les écrivains ont-ils un don ? Sont-ils touchés par une grâce divine ?

En France, on pense couramment que l'écrivain est un génie qui a reçu ce don à la naissance. Qu'il y a ceux qui savent écrire, et les autres.
Situation immuable bien déprimante.


Aux États-Unis, en revanche, on pense qu'écrire suppose un apprentissage. C'est ainsi  que les universités proposent des cursus de creative writing. Nombre de grands auteurs américains sont passés par ces cours avant de se lancer (

Raymond Carver, Toni Morrison, Joyce Carol Oates, Philip Roth...).


Toni Morrison


Gabriel Garcia Marquez a dirigé pendant vingt ans un atelier d'écriture, "comment raconter une histoire", destiné à tous ceux qui avaient en eux la "folle envie d'écrire pour raconter". (j'aurais adoré participer aux ateliers de GGM).

En France, des entraînements d'écriture sont nés d'un paradoxe (apparent) : les surréalistes ont fait l'apologie de l’écriture automatique, un mode de création littéraire apparemment sans contrainte, permettant de s'émanciper de l'étroitesse de la pensée régie par la raison. 




Cependant, l'un d'eux, Raymond Queneau, sera le co-fondateur de l'OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle), envisageant les écrivains comme des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir. ».

Mais qu'est ce que l
a Littérature Oulipienne ? C'est une LITTERATURE SOUS CONTRAINTES. La contradiction que l'on pourrait voir entre liberté et contrainte n'est qu'une apparence. C'est au contraire à partir de la contrainte que se développe la liberté de créer. En pratique, la contrainte oblige à s'affranchir de beaucoup de nos automatismes liés à l'usage courant du langage, et entraîne de nouvelles formes d'expression et une liberté nouvelle de création.

Si cela vous intéresse, vous pouvez lire des OuLiPiens célèbres, comme Raymond Queneau, Italo Calvino ou Georges Perec, et aller faire un tour sur le site officiel de l'OuLiPo.



Georges Perec

Mais vous pouvez également vous entraîner dans des ateliers d'écriture, qui presque tous reprennent les exercices à contraintes nés de l'OuLiPo.

Je vous propose ici quelques exercices à contraintes que vous pouvez faire chez vous, et qui boosteront votre créativité et votre envie d'écrire.

Ne vous en privez surtout pas, c'est tellement... BON

Pour commencer, voici quelques jeux d'écriture sur 


Les inventaires




- Faire l’inventaire de son sac :
  • énumérer les objets qu’il contient ou ce qui pourrait s’y trouver, en laissant libre cours à son imagination (même des choses invraisemblables).
  • Reprendre chaque mot, en allant à la ligne à chaque objet, et en développer la description pour lui créer une histoire et lui donner un épaisseur : description, usure, où on l’a acheté, avec qui, quand, dans quelles circonstances, y tient-on ? pourquoi ?
  • Choisir l’un de ces objets :
    • Chercher 10 mots ayant la même sonorité,
    • Chercher 10 synonymes ou mots appartenant au même champ lexical que ce mot.
    • Chercher 10 verbes exprimant une action que l’on pourrait faire avec cet objet.
    • Rédiger un texte ou un poème (en prose) utilisant le plus grand nombre possible de ces mots .
  • Faire un calligramme de ce texte / poème.

- Faire des listes :
Sei Shônagon était une poétesse japonaise qui a vécu au Xème siècle. Son œuvre Makura no sōshi est une collection de listes, de poésies, de complaintes, d'anecdotes, de réflexions et d'observations glanées tout au long de sa vie.

Sei Shônagon



Tout comme elle, vous pouvez tout lister. Voici quelques exemples que vous complèterez :

Dix choses qui me font peur.
Dix choses qui me font rire aux éclats.
Dix choses qui me réveillent le matin.
Dix choses que j'aime par dessus tout.
Dix choses que je déteste par dessus tout.
Dix choses que je ressens quand il pleut.
Dix choses que je vois quand je regarde les nuages.
...





Bien sûr,
l'idéal est de participer à un atelier d'écriture, où les règles ludiques mais strictes déclenchent l'écriture et un flot de créativité, avec en prime la motivation du groupe et la tension positive du partage.


Je vous proposerai régulièrement ici des exercices d'écriture : n'hésitez pas à vous inscrire à mon blog afin d'en être averti.

Maintenant, à vous de vous faire plaisir : imaginez, créez, listez, et... bonne écriture !

13 juil. 2017

Ecrire son roman : pourquoi faire appel à des bêta-lecteurs ?

Ecrire son roman : 
quel est l'intérêt de faire appel à des bêta-lecteurs ?


Qu'est-ce qu'un bêta-lecteur ou une bêta-lectrice?
 
J'en vois qui rigole : Non, ce n'est pas un lecteur un peu bêta... Ce serait même plutôt le contraire, d'ailleurs !

Alors pourquoi bêta ?
Le préfixe « bêta », est utilisé en informatique pour désigner la version-test d’un concept ou d’un projet. La bêta d’un logiciel, la bêta d’un jeu-vidéo, la bêta d’une application mobile...
Alors pourquoi pas la bêta d'un roman ?




Quand on est auteur, la tête dans le guidon texte, tête farcie des personnages, des intrigues, des dialogues, des rebondissements... il est parfois souvent toujours difficile de prendre du recul et d'avoir un regard critique sur son propre travail.
D'où l'intérêt d'une relecture extérieure, bienveillante mais sans concession : c'est le bêta-lecteur.

Pour ma part, je n'arrive pas à me passer des points de vue extérieurs sur cette version brouillon amélioré de mon premier jet de roman.
Vous l'aurez compris : je suis fan des bêta-lecteurs/trices. (et en plus, j'en ai trouvé des adorables (mais impitoyables, en revanche)...)



Comment choisir ses bêta-lecteurs/trices ?

Il existe des sites sur internet pour trouver des bêta-lecteurs. Mais franchement, je ne suis pas sûre que l'alchimie nécessaire soit aussi forte que si vous choisissez parmi vos proches (car il faut savoir qu'entre votre bêta-lecteur et vous, un lien particulier se crée, puisque vous révélez en avant-avant-première votre travail).
En même temps, pas trop proche non plus : Si vous donnez votre manuscrit à votre grand-mère toute acquise à votre cause, elle risque d'être trop encline à la complaisance : vous n'avez pas besoin qu'on vous passe de la pommade (même si c'est agréable), mais qu'on vous dise franchement et objectivement ce qui va et ne va pas dans votre texte... parce que l'éditeur, lui, ne se gênera pas pour mettre au rebut le texte que votre grand-mère a adoré.






Pour mes romans jeunesse, je donne mes manuscrits à lire à mes filles, mon neveu et à une ou deux de leurs camarades. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les enfants sont impitoyables et ont un avis sérieux et tranché sur leur lecture, ainsi qu'une fraîcheur incroyable. C'est très appréciable, car ils sont mon public, et je ne suis plus une enfant (ouin) : leur lecture m'aide à m'adapter au plus près à leur attente.


Avant de partir chez mon éditrice,
La saveur des bananes frites est passée
entre plusieurs petites mains...


Pour mes romans adulte, je passe une petite annonce sur mon profil Facebook, puis je me laisse guider à l'instinct.
Ca a toujours marché.
Pour certains de mes romans, je crée un groupe Facebook, et nous pouvons dialoguer entre nous sur le manuscrit. C'est très riche et instructif. C'est aussi l'occasion de bons fous rires !


Sinon, vous pouvez toujours demander à votre chat : j'ai essayé, mais il n'a pas donné suite... 😄


Patchouli, mon bêta-miaou-lecteur préféré !

 
Que demander à un bêta-lecteur ? 

Pour mes romans adulte, je donne à lire mes manuscrits au fur et à mesure que j'en écris les chapitres. J'envoie en général deux ou trois chapitres à la fois, toutes les semaines.
En premier lieu, j'aime avoir les réactions à chaud de mes lectrices-teurs. Leur ressenti. S'ils ont ri, pleuré, ressenti une émotion... ou pas.

Ensuite, je leur demande de relever :

  •  les incohérences (chapitre 3, B. boit un chocolat chaud devant son feu de cheminée, cheminée qu'elle se plaint de ne pas avoir chapitre 8 (merci Axelle) !); 
  • les émotions mal amenées ou mal exprimées; 
  • les baisses de rythme (merci Alice)
  • les tics d'écriture (répétition d'un mot - "et", par exemple - ou des habitudes de conjugaison (merci LaCarne) !); 
  • Une syntaxe bancale (merci Corinne);
  • leur ressenti sur les personnages : sont-ils vraisemblables, insipides, trop caricaturaux, indispensables, cohérents, (merci Sabine et Céline); leurs réactions, leur évolution...
  • une idée éventuelle (sur le choix d'un prénom, d'un lieu...  (merci Laure et Céline)!)
  • les sentiments que l'intrigue leur inspire; 
  • et en général, la crédibilité du récit.



J’attends surtout d’elles/eux une grande objectivité et une grande honnêteté. Je n'ai pas d'orgueil mal placé, j'accepte toutes les critiques, si elles sont constructives.
Au début, les bêta-lecteurs s'excusent de relever des erreurs ou de donner leur avis. L'important, si on veut que la collaboration continue à être constructive, c'est de les mettre à l'aise par rapport à ça.



Faut-il toujours corriger ce qu'ont relevé les bêta-lecteurs ?

Ça dépend.
Le texte appartient à son auteur, mais il ne faut pas oublier qu'il est destiné à être lu. Il faut donc faire la part des choses :
prendre le temps de lire les critiques, de regarder si plusieurs bêta-lecteurs ont fait les mêmes, éviter de réagir à chaud de manière trop impulsive ou de se vexer pour un rien.
Je garde toujours à l'esprit que si mes bêta-lecteurs n'ont pas compris ce que je voulais dire ou ressenti l'émotion que j'attendais, c'est que je n'ai pas réussi à faire passer mon message, et qu'il me faut le retravailler.
Parfois, il y a des passages, des personnages ou des extraits auxquels je tiens vraiment : si une critique m'en est faite, on peut instaurer un dialogue pour que je défende mon point de vue et que je voie à quel point le bêta-lecteur est dérangé par ce que j'ai écrit.

 

   

Pour finir


Certains auteurs ne font pas appel aux bêta-lecteurs.
D'autres attendent d'avoir une version hyper corrigée par leur soin avant de la faire relire.
D'autres enfin donnent à leurs bêta-lecteurs leur premier jet.

Moi, je fais un peu un mélange de tout ça : J'ai une équipe de bêta-lectrices (eh oui, pour mon dernier roman, il n'y a que des femmes !) qui relit chapitre par chapitre, au fur et à mesure que j'écris (donc une version non (ou peu) relue ni corrigée par mes soins). Puis, quand tout est terminé, relectures et corrections faites à la suite des remarques des bêta-lectrices ainsi que mes propres corrections, je donne mon manuscrit à une autre équipe de bêta-lectrices pour un ultime point de vue.

Euh... Ne vous méprenez pas : je ne me prends pas pour Flaubert ! :-D


Après, je vais le corriger encore et encore, jusqu'à ce que je l'envoie aux éditeurs : je retrouve toujours quelque chose à récrire, que ce soit de l'avis des bêta-lectrices ou du mien.
En fait, un roman n'est jamais terminé.

Alors à un moment, il faut savoir s'arrêter, faire une lettre de présentation (soignée, la lettre de présentation : on en reparlera dans un autre post), le mettre dans une belle enveloppe, embrasser l'enveloppe (je vous parlerai une autre fois des tics d'auteurs), et l'envoyer !

Ah ! Il y a une chose qu'il ne faut pas oublier également : être bêta-lectrice, c'est du travail, que l'on s'y engage à fond ou un peu, cela demande tout de même un investissement. Alors l'auteur ne doit pas oublier de les remercier : si  ce n'est pas elles/eux qui ont écrit le roman, l'auteur leur doit quand même une fière chandelle !

 

Page de remerciements de mon roman Pulpeuse Fiction





29 juin 2017

CONCOURS : Gagne un exemplaire dédicacé de Pulpeuse fiction !

CONCOURS PULPEUSE FICTION


Un concours à aller faire sur ma page Facebook, en suivant ce lien :
https://www.facebook.com/lesmondesdesophie/?fref=nf





27 juin 2017

Ca y est je suis célèbre (Depuis le Festival Etonnants Voyageurs de Saint Malo) - 2ème partie

La soirée a été très agréable : crêpes Intras Muros, balade sur les remparts, concerts de pirates... mais le dimanche matin voit un nouveau drame se produire : on dort si bien dans la maison de mes cousins (Merci Marie et François 💖 ), que nous ne parvenons pas à nous réveiller à l'heure prévue.
Du coup, j'arrive à nouveau trèèèèès tard au Salon.
Ils vont finir par croire que je suis toujours en retard !
(Sourire de ceux qui me connaissent)





Ca m'énerve, surtout que le Salon est bondé. Autant hier c'était calme, autant là, c'est l'affluence. Qui sait combien de dizaines (que dis-je ! Peut-être de centaines !) de dédicaces j'ai ratées !

Je m'installe fissa, et ça commence : malgré ma célèbre voisine, je n'arrête pas. Un monsieur à qui j'ai vendu mon livre hier s'arrête à nouveau :
- Mon fils a commencé votre roman dans la soirée, on a été obligé de le gronder pour qu'il arrête.
Cool ! (pas qu'on l'ait grondé, pauvre gosse, mais qu'il ait été happé par mon histoire).

Je rencontre deux jeunes femmes passionnées de lecture qui me l'achètent pour elles :
- Quand on l'aura terminé, on trouvera bien un enfant à qui l'offrir.

Une conseillère pédagogique me demande des informations pour des classes;

Une prof de français le prend pour en parler à la documentaliste de son collège (d'ailleurs, s'il y a des documentalistes qui me lisent...);





Des libraires veulent en savoir plus;

Un photographe qui a fait un livre magnifique sur Haïti, Corentin Fohlen (voir son merveilleux travail ici) , m'achète mon livre pour son enfant qui vient d'avoir... un mois ! (spéciale dédicace pour le bébé, et pour toi, Corentin)

Des enfants sont attirés par sa couverture lumineuse;

Une femme m'explique, en pleurant d'émotion, que de très bons amis à elle ont adopté une petite fille haïtienne, que la procédure a été très compliquée, et qu'elle aimerait leur offrir (et du coup, je pleure avec elle...) ;

Deux mamans adoptantes le veulent à tout prix ;

Une grande fille adoptée ne veut surtout pas en entendre parler, mais le lorgne du coin de l'œil, très intéressée, et lit la 4ème alors qu'elle croit que personne ne la voit ;
...

La liste pourrait être longue et, portée par toutes ces belles personnes aux histoires variées, j'explique l'histoire de ma Saraphina, de son long périple entre Paris et Port-au-Prince, métaphore de sa quête d'elle-même, de sa recherche des origines, de l'injustice, de la misère, de l'esclavagisme, du racisme... et de la douceur des bananes frites...





Ce roman, je l'ai déjà dit ici, je l'ai travaillé longuement. Il porte tout ce que j'ai envie de dire à mes filles et à tous les enfants de la Terre sur la tolérance, la solidarité, l'ouverture d'esprit, l'amour.
Alors bien sûr, en parler à toutes ces personnes, ça m'enthousiasme.

De fil en aiguille, à force de bien raconter (Evelyne Brisou-Pellen a même dit à mon mari que mon discours était admirable, et que j'avais une énergie folle à le rabâcher), je finis par vendre... tous les exemplaires prévus par la libraire !
Incroyable !
Le stock !
(Combien ça représente ? A mon avis une trentaine d'exemplaires ? Quarante ?)




Déjà, là, il n'en reste plus beaucoup...
5...



1...


A pu...



 Et c'est là que CA SE PRODUIT !
Ce moment où tout bascule !
Où je passe de l'anonymat à la célébrité...
De l'ombre à la lumière !

Mes filles m'ont rejointe. Ma plus jeune est à côté de moi.
Tandis que je parle à la personne à qui je vais faire ma toute dernière dédicace, je repère un mouvement sur ma droite, dans le public. Je lève un oeil, et aperçois une femme qui donne un coup de coude à son mari, les yeux écarquillés, tout sourire, en montrant dans ma direction. Moi, bien sûr, je pense qu'elle est en train de regarder Evelyne, sauf... qu'Evelyne n'est pas là. Comme je continue la discussion, je ne peux pas détailler ce qu'il se passe vraiment, autrement que du coin de l'oeil. Je peux tout de même voir l'appareil photo se lever, et le mari me mitrailler, sous les regards comblés de son épouse.
Mais j'ai rêvé !
Ou alors ils ont pris en photo l'affiche dans mon dos.
Ou bien...
- Maman, t'as vu, les gens, ils étaient trop contents de te voir et ils ont fait plein de photos de toi, et la dame elle parlait tout bas à son mari en te regardant et en riant ! Ca veut dire que t'es célèbre, maman.






Malheureusement, je ne saurai jamais pourquoi ces personnes me connaissaient, ni lequel de mes romans a provoqué ce (presque) délire, mais bon sang, maintenant, je me sens une autre femme, parce que : CA Y EST, MOI AUSSI, JE SUIS UNE CELEBRITE  !



(PS : Petit conseil : pour bien comprendre la portée du dernier message, il vaut mieux avoir lu les posts sur le salon de Montaigu (ici, ici,, ici ou encore ) et le premier post sur Saint Malo, ici)

26 juin 2017

Drôle de mot : cacostomie

"La conversation de Charles (Bovary) était plate comme un trottoir de rue" : pour ne pas être ainsi jugé, un peu de vocabulaire inhabituel ne nous fera pas de mal.

Pourquoi, donc, ne pas utiliser dans vos romans des mots différents, originaux, inconnus, désuets...
Bon, bien sûr, il ne s'agit pas d'en truffer votre histoire, l'excès pouvant virer au ridicule.
Mais moi, je les aime, ces mots-là...

Voici donc ces drôles de mots, que vous pourrez replacer ici et là, avec parcimonie, toujours discrètement, d'un air détaché, comme une élégance naturelle, dans vos conversations ou les dialogues de votre prochain roman.
 

Connaissez-vous le sens exact du mot :



Cacostomie ?


Par exemple :

- Mon Dieu ! Comme votre cacostomie m'indispose !
- Plaît-il ?
- Euh... Vous puez du bec, très cher...
- .....


Vous l'aurez compris, la cacostomie est une mauvaise odeur de la bouche.