11 sept. 2017

Inventer une suite...

Un exercice d'écriture très amusant à faire, est d'inventer la suite d'un texte connu. Ca marche très bien avec les fables de La Fontaine par exemple.

Je vous en montre un ?

Vous connaissez la célèbre fable : La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf ?



Une Grenouille vit un Boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : "Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
- Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. - M'y voilà ?
- Vous n'en approchez point. "La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.



Eh bien, voici ce qui arriva ensuite ! ;-)




- Ah ! s'écria, plutôt dégouté notre boeuf  !
Mon cuir ! un si beau cuir et de surcroît tout neuf !
De mucus, de viscères le voilà recouvert !
Elle est dingue, et n'a point sens commun, la commère !



Car il faut bien le dire, le boeuf en vaniteux
Ne se supportait pas en habit tout pouilleux.
Aussi se jeta-t-il tout vêtu dans la mare
De quelques herbes se frotta de toute part
Se récurra si fort, ce bel orgueilleux boeuf
Qu'au sortir de cette eau luisait comme un sou neuf!
Vint à passer céans le fermier esbaudi


L'animal est à point au marché du pays
J'en tirerai un sacré bon paquet d'euros.
Et hop à l'abattoir il mena le taureau.

C'est ainsi qu'à vouloir trop faire le joli
Notre boeuf se retrouva à la boucherie

Rien ne sert de s'laver le corps les patt' le pif
Si c'est pour terminer en filet ou rosbif.




Et vous, auriez-vous envie de faire la suite du Lièvre et la tortue ? Du corbeau et le renard ? De la cigale et la fourmi ? Ou de n'importe quelle des 243 fables de La Fontaine ?

Si oui, n'hésitez pas ! Et venez nous en faire part ! :-D

5 sept. 2017

Improbables dialogues

Un des exercices des ateliers d'écriture est de s'entraîner au dialogue.
Rébarbatif ?
Pas tant que ça.

Ca pour forcer la chose, booster son imaginaire et se faire plaisir, il est très amusant de créer ce que j'appelle les improbables dialogues.

Comment faire ?
On tire au sort deux objets : soit ils n'ont rien à voir l'un avec l'autre, soit un peu, soit complètement mais dans un contexte saugrenu... et on les fait dialoguer.




Que diriez-vous de faire dialoguer un cochon et un vélo, un marteau et un clou, une planète et une étoile, un ventilateur et une paire de lunettes, une robe et un pantalon, un avocat et un kiwi, une poupée qui parle et un téléphone portable, une balayette à toilettes et un extra-terrestre ? ... (ou bien un marteau et une robe, une balayette et un avocat, un cochon et un clou...)

Si cela vous tente, vous pouvez faire l'expérience. Ca donne souvent des résultats incroyables, drôles, absurdes... et toujours terriblement créatifs !


En voici un petit exemple, que je me suis amusée à créer :




 Improbable dialogue
L'index et le majeur


Une salle de classe.
L'index : Garde à vous !
Le majeur : V'là qu'il remet ça ! Eh ! On t'a déjà dit que quand la maîtresse pose une question, c'est à toi de te dresser.
L'index : Vous pourriez me filer un coup de main, les gars, ce serait sympa de votre part ! Je fatigue, moi !
Tous les doigts se lèvent.
Le majeur : Et voilà, je te l'avais dit, la maîtresse a répondu qu'elle n'était pas une serveuse de bar !
L'index : Est-ce que l'auriculaire ne pourrait pas prendre ma place, pour une fois ?
L'auriculaire se lève.
Le majeur : Et voilà ! La maîtresse a dit qu'on n'était pas en train de tourner un film de science-fiction !
L'index : Eh ! Le gros, là ! Oui, toi ! Qu'est même pas aligné avec nous ! Tu pourrais y mettre du tien !
Le pouce se lève.
Le majeur : Et voilà ! La maîtresse dit qu'on ne fait pas d'auto-stop en classe !
L'index : Franchement, vous ne m'êtes pas d'un grand secours, les gars ! Mais dis-moi, toi, le majeur, t'es un beau parleur, mais serais-tu seulement capable de te lever à ma place.
Le majeur se lève.
L'index : Et là, qu'est ce qu'elle a dit la maîtresse ?
Le majeur : Tais-toi, et copie la punition !


☝☝☝


Allez ! A VOUS ! (chez vous, ci-dessous, en MP... comme vous voulez ! Mais faites-vous PLAI-SIR !)

4 sept. 2017

CONCOURS

CONCOURS 



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C'est la rentrée ! Quoi de mieux qu'un concours pour se remonter le moral et gagner... CINQ EXEMPLAIRES de mon album jeunesse :


MA PETITE SOEUR DU SEISME !






Ma petite sœur du séisme - Textes Sophie Noël Illustrations Louise Collet



Cet album aux illustrations pastel délicates vous permettra d'aborder avec votre enfant les thèmes de l'amour familial, de l'adoption, du séisme, d'Haïti, de la solidarité, de l'attente d'un petit frère ou d'une petite soeur...

Pour en gagner un exemplaire, vous devez liker ma page Facebook auteur, partager le post en mode public et inviter trois ami-e-s en commentaire, sous le post Facebook (ou éventuellement ci-dessous) !

Il y aura cinq gagnants :

Date limite, le 15 septembre prochain.


BONNE CHANCE !  



Ma petite sœur du séisme - Textes Sophie Noël Illustrations Louise Collet



24 août 2017

La saveur des bananes frites sélectionnée

@ Ouvrir ta messagerie sur ton mobile alors que tu es en train d'acheter de la peinture pour repeindre ta chambre...





@ Voir un mail dont l'objet pourrait être une publicité (une de plus), mais qui tout de même t'attire l'œil de façon différente de d'habitude...

@ Aller lire le corps du message, ne pas comprendre, le relire alors et le relire encore...

@ T'excuser auprès du vendeur de peinture qui t'explique pour la troisième fois qu'il vaut mieux prendre de la satinée velours que de la mate...





@ Ne pas être sûre d'avoir vraiment saisi le sens du message de ton mail, alors le relire encore une fois, au moins pour être sûre que c'est à toi qu'il est adressé...



😊😊😊


@ Je résume le long mail :


La Bataille des Livres est une association Suisse de promotion de la lecture, présente dans 6 pays francophones : Suisse, Haïti, Canada, Sénégal, Belgique et France, qui propose tous les ans depuis 21 ans un important projet autour de la lecture de romans jeunesse.
Elle concerne 15 000 élèves de 8 à 12 ans.
... Et la coordinatrice du projet m'informe que mon dernier roman jeunesse, La saveur des bananes frites, a été sélectionné par le comité de lecture parmi beaucoup d'autres, et fait son entrée cette année dans la sélection pour les enfants de 11-12 ans. 





La saveur des bananes frites, Magnard Jeunesse

Pour couronner le tout, je suis invitée une semaine en Suisse, à la tournée des auteurs et illustrateurs, avec une quinzaine d'autres auteurs, pour permettre aux élèves de rencontrer ceux qui ont écrit ou illustré les livres de la sélection !

 😊😊😊



@ Pour finir, te retenir de hurler de joie de peur que le vendeur ne te renverse un pot de peinture sur la tête !



21 août 2017

Ton roman publié, comment accrocher tes lecteurs ? (1)

Voilà. Ton roman est écrit, publié, tu es aux anges (et je te comprends), mais le plus difficile reste à venir (si !) : il doit trouver ses lecteurs. Car c'est un peu pour cela qu'on écrit, non ?



Dans la foultitude de romans qui paraît chaque jour (sachant qu'il en sort environ 70 000 par an), il est primordial de trouver sa place et son lectorat. Pour t'en convaincre, voici quelques chiffres de l'Observatoire de l'économie du livre (un peu démoralisants...)





Mais comme je le dis toujours, même si nous sommes 100 000 à être publiés chaque année (et sûrement plus, car je ne sais pas si l'auto-édition et le compte d'auteur sont répertoriés dans la statistique ci-dessus), il ne faut pas se décourager : tout est toujours possible !
Il ne faut juste pas occulter qu'on n'est pas tout seul à écrire...

La première chose à soigner, c'est ta quatrième de couverture
Va faire un tour chez les libraires et observe : comment les lecteurs choisissent-ils un roman ? Ils regardent le titre, puis immédiatement après, ils retournent le livre et lisent le texte de la quatrième de couverture. 


Elle est donc in-con-tour-nable, et doit assurer un parfait dosage entre le message de l'auteur et l'acte commercial. Elle doit susciter l'envie, voire le désir, sans non plus être dithyrambique (ça paraîtrait trop louche).

Cela peut être un extrait ou un résumé (les lecteurs, selon un sondage récent, préfèrent le résumé). Parfois même, une seule phrase.


Ce texte, ce peut être l'auteur qui le propose, mais aussi l'éditeur. Dans ce dernier cas, rien ne t'empêche de donner tout de même ton avis.
Et si c'est toi qui le crée, n'hésite pas, comme pour la relecture de votre roman, à demander des avis extérieurs : 

  • Est-ce que cela te donne envie d'ouvrir/lire le livre ?
  • Est-ce cohérent ?
  • Est-ce que cela te surprend ? T'intéresse ? Quels sont les mots qui attirent ton attention ? etc.

Sois concis. Rappele-toi que tu ne peux pas résumer toute l'histoire. Fais des choix judicieux. Etonne ! Surprends ! Déclame ton texte !
Par expérience de lectrice, je peux t'assurer que c'est dans les premiers mots de cette quatrième de couverture que je saurai si j'ai envie ou non de lire le roman. Il est donc nécessaire de soigner particulièrement le début du texte.
Une petite phrase d'accroche peut être une bonne chose, aussi.


Voilà la quatrième de couverture de mon dernier roman adulte, Pulpeuse fiction. C'est mon éditeur qui l'a fait. En toute sincérité, je n'aurais pas du tout écrit cela : j'aurais mis d'autres faits en avant et évité certains, choisi d'évoquer d'autres thèmes du roman, tourné mes phrases autrement...
J'ai également trouvé la phrase d'accroche trop réductrice.
Mais bon, le commercial, c'est lui, mon éditeur, et je me suis dit qu'il savait ce qu'il faisait... 😏




Voilà un an que mon roman est sorti, il a fait son petit effet, a touché pas loin de 5000 lecteurs (que je remercie et que j'embrasse, si, si !)... C'est donc que ce n'était pas si mal que ça, non ?
Et toi, qu'en penses-tu ? 😚


 

16 août 2017

S'entraîner à écrire pour forcer le déclic : on y va ?

On l'a vu dans mon post Devenir écrivain : peut-on s'entraîner, se lancer dans l'écriture n'est pas toujours facile. 
Mais rien n'est jamais perdu : pour forcer le déclic, débrider notre créativité, lancer l'engrenage... on peut toujours s'entraîner avec des jeux d'écriture qui assurent souvent le rôle de catalyseur !




...et puis l'engrenage, quand il est lancé... pfiouuu ;-)

L'idéal, je vous le disais, est de participer à un atelier d'écriture*.
Mais en attendant, quelques petits exercices peuvent jouer ce rôle et vous aider.

Suite à mon précédent article sur le sujet, de nombreuses personnes m'ont dit s'essayer à faire les jeux d'écriture que je proposais.
Je posterai donc de temps à autre UNE PROPOSITION D'ECRITURE que vous pourrez utiliser à votre guise.


Allez ! Il n'y a que le premier pas qui coûte ! Lancez-vous ! 😃





PROPOSITION D'ECRITURE

Ecrire avec un inducteur : Ecrire trois petits textes courts, en un temps limité. Le début de l'histoire vous est donné.
Chronométrez-vous : 7 minutes par texte. Pas plus, pas moins !

Inducteur 1 : On m'a dit que les hippopotames...
Inducteur 2 :
Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime, Tirés comme par un aimant Se retournent docilement Et que je regarde en moi-même ...
Inducteur 3 : Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux...



Bonne écriture à tous ! 😘
(et n'hésitez pas à me contacter pour me dire comment ça a marché !)




* Rappel :
Tel que je le conçois, un atelier d'écriture est un lieu collectif (même virtuel) consacré à l'écriture, qui suscite et sollicite la créativité des participants, en particulier au moyen de contraintes artistiques volontaires proposées par l'animateur. 
C'est un lieu ou les relations entre les participants, au travers de l'écriture, sont fortes, empreintes d'ouverture, de curiosité et de bienveillance. 


" Parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense." 
Charles Baudelaire

15 août 2017

Une force pour écrire son roman : maîtriser la syntaxe.

« Les danseuses étoiles regardent des films culte. » 


Et pourquoi, me direz-vous, as-tu mis un S au nom étoiles en apposition à danseuses et non pas à culte, en apposition à films ?

Au pluriel, dans des syntagmes comme danseuse étoile, film culte, produit phare ou mot clé, qui sont formés d’un nom mis en apposition à un autre nom, le mot apposé suit la règle suivante : il varie uniquement si on peut établir une relation d’équivalence entre celui-ci et le mot auquel il est apposé.

Ainsi, on écrira Les danseuses étoiles regardent des films culte, car si l’on considère que les danseuses sont des étoiles (elles ont les mêmes propriétés qu’elles, elles brillent de la même façon), il est évident que les films ne sont pas des cultes, mais qu’ils font l’objet d’un culte.

Un peu de bon sens, quoi... ;-)




8 août 2017

Gonzague Saint Bris

J'apprends à l'instant la mort de Gonzague Saint Bris...

Sans le connaître, je l'avais rencontré au dernier salon de Montaigu, et cela avait donné lieu à un beau quiproquo, puisque je l'avais pris pour un... maçon !  (si vous voulez relire mon périple, c'est par ici !).
Une fois le malentendu levé, j'avais discuté avec lui, courtois, attentionné, posant à l'auteure inconnue que je suis des questions vraiment gentilles.

Je suis très attristée de cette nouvelle, et garde de lui le souvenir de cette rencontre un chouïa burlesque qui m'avait bien fait rire sur le moment.



6 août 2017

Devenir écrivain : peut-on s'entraîner ?

Vous avez (toujours) envie de vous lancer dans l'écriture ?

L'envie, c'est le premier pas, bien sûr. Mais comment devient-on écrivain?
Les écrivains ont-ils un don ? Sont-ils touchés par une grâce divine ?

En France, on pense couramment que l'écrivain est un génie qui a reçu ce don à la naissance. Qu'il y a ceux qui savent écrire, et les autres.
Situation immuable bien déprimante.


Aux États-Unis, en revanche, on pense qu'écrire suppose un apprentissage. C'est ainsi  que les universités proposent des cursus de creative writing. Nombre de grands auteurs américains sont passés par ces cours avant de se lancer (

Raymond Carver, Toni Morrison, Joyce Carol Oates, Philip Roth...).


Toni Morrison


Gabriel Garcia Marquez a dirigé pendant vingt ans un atelier d'écriture, "comment raconter une histoire", destiné à tous ceux qui avaient en eux la "folle envie d'écrire pour raconter". (j'aurais adoré participer aux ateliers de GGM).

En France, des entraînements d'écriture sont nés d'un paradoxe (apparent) : les surréalistes ont fait l'apologie de l’écriture automatique, un mode de création littéraire apparemment sans contrainte, permettant de s'émanciper de l'étroitesse de la pensée régie par la raison. 




Cependant, l'un d'eux, Raymond Queneau, sera le co-fondateur de l'OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle), envisageant les écrivains comme des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir. ».

Mais qu'est ce que l
a Littérature Oulipienne ? C'est une LITTERATURE SOUS CONTRAINTES. La contradiction que l'on pourrait voir entre liberté et contrainte n'est qu'une apparence. C'est au contraire à partir de la contrainte que se développe la liberté de créer. En pratique, la contrainte oblige à s'affranchir de beaucoup de nos automatismes liés à l'usage courant du langage, et entraîne de nouvelles formes d'expression et une liberté nouvelle de création.

Si cela vous intéresse, vous pouvez lire des OuLiPiens célèbres, comme Raymond Queneau, Italo Calvino ou Georges Perec, et aller faire un tour sur le site officiel de l'OuLiPo.



Georges Perec

Mais vous pouvez également vous entraîner dans des ateliers d'écriture, qui presque tous reprennent les exercices à contraintes nés de l'OuLiPo.

Je vous propose ici quelques exercices à contraintes que vous pouvez faire chez vous, et qui boosteront votre créativité et votre envie d'écrire.

Ne vous en privez surtout pas, c'est tellement... BON

Pour commencer, voici quelques jeux d'écriture sur 


Les inventaires




- Faire l’inventaire de son sac :
  • énumérer les objets qu’il contient ou ce qui pourrait s’y trouver, en laissant libre cours à son imagination (même des choses invraisemblables).
  • Reprendre chaque mot, en allant à la ligne à chaque objet, et en développer la description pour lui créer une histoire et lui donner un épaisseur : description, usure, où on l’a acheté, avec qui, quand, dans quelles circonstances, y tient-on ? pourquoi ?
  • Choisir l’un de ces objets :
    • Chercher 10 mots ayant la même sonorité,
    • Chercher 10 synonymes ou mots appartenant au même champ lexical que ce mot.
    • Chercher 10 verbes exprimant une action que l’on pourrait faire avec cet objet.
    • Rédiger un texte ou un poème (en prose) utilisant le plus grand nombre possible de ces mots .
  • Faire un calligramme de ce texte / poème.

- Faire des listes :
Sei Shônagon était une poétesse japonaise qui a vécu au Xème siècle. Son œuvre Makura no sōshi est une collection de listes, de poésies, de complaintes, d'anecdotes, de réflexions et d'observations glanées tout au long de sa vie.

Sei Shônagon



Tout comme elle, vous pouvez tout lister. Voici quelques exemples que vous complèterez :

Dix choses qui me font peur.
Dix choses qui me font rire aux éclats.
Dix choses qui me réveillent le matin.
Dix choses que j'aime par dessus tout.
Dix choses que je déteste par dessus tout.
Dix choses que je ressens quand il pleut.
Dix choses que je vois quand je regarde les nuages.
...





Bien sûr,
l'idéal est de participer à un atelier d'écriture, où les règles ludiques mais strictes déclenchent l'écriture et un flot de créativité, avec en prime la motivation du groupe et la tension positive du partage.


Je vous proposerai régulièrement ici des exercices d'écriture : n'hésitez pas à vous inscrire à mon blog afin d'en être averti.

Maintenant, à vous de vous faire plaisir : imaginez, créez, listez, et... bonne écriture !

13 juil. 2017

Ecrire son roman : pourquoi faire appel à des bêta-lecteurs ?

Ecrire son roman : 
quel est l'intérêt de faire appel à des bêta-lecteurs ?


Qu'est-ce qu'un bêta-lecteur ou une bêta-lectrice?
 
J'en vois qui rigole : Non, ce n'est pas un lecteur un peu bêta... Ce serait même plutôt le contraire, d'ailleurs !

Alors pourquoi bêta ?
Le préfixe « bêta », est utilisé en informatique pour désigner la version-test d’un concept ou d’un projet. La bêta d’un logiciel, la bêta d’un jeu-vidéo, la bêta d’une application mobile...
Alors pourquoi pas la bêta d'un roman ?




Quand on est auteur, la tête dans le guidon texte, tête farcie des personnages, des intrigues, des dialogues, des rebondissements... il est parfois souvent toujours difficile de prendre du recul et d'avoir un regard critique sur son propre travail.
D'où l'intérêt d'une relecture extérieure, bienveillante mais sans concession : c'est le bêta-lecteur.

Pour ma part, je n'arrive pas à me passer des points de vue extérieurs sur cette version brouillon amélioré de mon premier jet de roman.
Vous l'aurez compris : je suis fan des bêta-lecteurs/trices. (et en plus, j'en ai trouvé des adorables (mais impitoyables, en revanche)...)



Comment choisir ses bêta-lecteurs/trices ?

Il existe des sites sur internet pour trouver des bêta-lecteurs. Mais franchement, je ne suis pas sûre que l'alchimie nécessaire soit aussi forte que si vous choisissez parmi vos proches (car il faut savoir qu'entre votre bêta-lecteur et vous, un lien particulier se crée, puisque vous révélez en avant-avant-première votre travail).
En même temps, pas trop proche non plus : Si vous donnez votre manuscrit à votre grand-mère toute acquise à votre cause, elle risque d'être trop encline à la complaisance : vous n'avez pas besoin qu'on vous passe de la pommade (même si c'est agréable), mais qu'on vous dise franchement et objectivement ce qui va et ne va pas dans votre texte... parce que l'éditeur, lui, ne se gênera pas pour mettre au rebut le texte que votre grand-mère a adoré.






Pour mes romans jeunesse, je donne mes manuscrits à lire à mes filles, mon neveu et à une ou deux de leurs camarades. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les enfants sont impitoyables et ont un avis sérieux et tranché sur leur lecture, ainsi qu'une fraîcheur incroyable. C'est très appréciable, car ils sont mon public, et je ne suis plus une enfant (ouin) : leur lecture m'aide à m'adapter au plus près à leur attente.


Avant de partir chez mon éditrice,
La saveur des bananes frites est passée
entre plusieurs petites mains...


Pour mes romans adulte, je passe une petite annonce sur mon profil Facebook, puis je me laisse guider à l'instinct.
Ca a toujours marché.
Pour certains de mes romans, je crée un groupe Facebook, et nous pouvons dialoguer entre nous sur le manuscrit. C'est très riche et instructif. C'est aussi l'occasion de bons fous rires !


Sinon, vous pouvez toujours demander à votre chat : j'ai essayé, mais il n'a pas donné suite... 😄


Patchouli, mon bêta-miaou-lecteur préféré !

 
Que demander à un bêta-lecteur ? 

Pour mes romans adulte, je donne à lire mes manuscrits au fur et à mesure que j'en écris les chapitres. J'envoie en général deux ou trois chapitres à la fois, toutes les semaines.
En premier lieu, j'aime avoir les réactions à chaud de mes lectrices-teurs. Leur ressenti. S'ils ont ri, pleuré, ressenti une émotion... ou pas.

Ensuite, je leur demande de relever :

  •  les incohérences (chapitre 3, B. boit un chocolat chaud devant son feu de cheminée, cheminée qu'elle se plaint de ne pas avoir chapitre 8 (merci Axelle) !); 
  • les émotions mal amenées ou mal exprimées; 
  • les baisses de rythme (merci Alice)
  • les tics d'écriture (répétition d'un mot - "et", par exemple - ou des habitudes de conjugaison (merci LaCarne) !); 
  • Une syntaxe bancale (merci Corinne);
  • leur ressenti sur les personnages : sont-ils vraisemblables, insipides, trop caricaturaux, indispensables, cohérents, (merci Sabine et Céline); leurs réactions, leur évolution...
  • une idée éventuelle (sur le choix d'un prénom, d'un lieu...  (merci Laure et Céline)!)
  • les sentiments que l'intrigue leur inspire; 
  • et en général, la crédibilité du récit.



J’attends surtout d’elles/eux une grande objectivité et une grande honnêteté. Je n'ai pas d'orgueil mal placé, j'accepte toutes les critiques, si elles sont constructives.
Au début, les bêta-lecteurs s'excusent de relever des erreurs ou de donner leur avis. L'important, si on veut que la collaboration continue à être constructive, c'est de les mettre à l'aise par rapport à ça.



Faut-il toujours corriger ce qu'ont relevé les bêta-lecteurs ?

Ça dépend.
Le texte appartient à son auteur, mais il ne faut pas oublier qu'il est destiné à être lu. Il faut donc faire la part des choses :
prendre le temps de lire les critiques, de regarder si plusieurs bêta-lecteurs ont fait les mêmes, éviter de réagir à chaud de manière trop impulsive ou de se vexer pour un rien.
Je garde toujours à l'esprit que si mes bêta-lecteurs n'ont pas compris ce que je voulais dire ou ressenti l'émotion que j'attendais, c'est que je n'ai pas réussi à faire passer mon message, et qu'il me faut le retravailler.
Parfois, il y a des passages, des personnages ou des extraits auxquels je tiens vraiment : si une critique m'en est faite, on peut instaurer un dialogue pour que je défende mon point de vue et que je voie à quel point le bêta-lecteur est dérangé par ce que j'ai écrit.

 

   

Pour finir


Certains auteurs ne font pas appel aux bêta-lecteurs.
D'autres attendent d'avoir une version hyper corrigée par leur soin avant de la faire relire.
D'autres enfin donnent à leurs bêta-lecteurs leur premier jet.

Moi, je fais un peu un mélange de tout ça : J'ai une équipe de bêta-lectrices (eh oui, pour mon dernier roman, il n'y a que des femmes !) qui relit chapitre par chapitre, au fur et à mesure que j'écris (donc une version non (ou peu) relue ni corrigée par mes soins). Puis, quand tout est terminé, relectures et corrections faites à la suite des remarques des bêta-lectrices ainsi que mes propres corrections, je donne mon manuscrit à une autre équipe de bêta-lectrices pour un ultime point de vue.

Euh... Ne vous méprenez pas : je ne me prends pas pour Flaubert ! :-D


Après, je vais le corriger encore et encore, jusqu'à ce que je l'envoie aux éditeurs : je retrouve toujours quelque chose à récrire, que ce soit de l'avis des bêta-lectrices ou du mien.
En fait, un roman n'est jamais terminé.

Alors à un moment, il faut savoir s'arrêter, faire une lettre de présentation (soignée, la lettre de présentation : on en reparlera dans un autre post), le mettre dans une belle enveloppe, embrasser l'enveloppe (je vous parlerai une autre fois des tics d'auteurs), et l'envoyer !

Ah ! Il y a une chose qu'il ne faut pas oublier également : être bêta-lectrice, c'est du travail, que l'on s'y engage à fond ou un peu, cela demande tout de même un investissement. Alors l'auteur ne doit pas oublier de les remercier : si  ce n'est pas elles/eux qui ont écrit le roman, l'auteur leur doit quand même une fière chandelle !

 

Page de remerciements de mon roman Pulpeuse Fiction